2.25.2007

Lucy Schwob / Claude Cahun

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But, among other symptoms, the overproduction of objects which are increasingly more unusual (like the microscopic tweezers, useful only under the microscope) guarantees that, in every way, our reality cracks: the chain of forced, brutalizing work, the golden bit of passions broken and rebroken, before perhaps the fading photograph of perishable objects spread out under my eyes.

"Beware the domestic objects",Cahiers d'art 1936.

Le Croisic. – Le ciel est pâle, à peine nuancé ; les bancs de sable sont pâles, à peine dorés d’un soleil pâle. La mer s’est retirée du Traict, ne laissant derrière elle qu’un étroit canal vert pâle ; et c’est sur ce périlleux sentier que s’aventure une chaloupe de pêche Toute pâle, sa coque verte se confond avec ses voiles vertes tendues à demi comme deux fines ailes. Je la vois s’avancer et je prévois la chute inévitable. Cet étroit ruisseau vert ne la mènera pas au port, que je sache ! Il est à sec. Où veut-elle donc aller ? La bise enfle ses voiles minces ; elle approche si lentement qu’à vrai dire elle semble ne pas bouger. Le dernier rayon du soleil couchant m’éclaire. Je distingue une corde, seul trait net de ce pâle tableau : la chaloupe est à l’ancre au milieu du canal.

Arcadie. – L’enfant est pâle, sa peau à peine nuancée ; ses cheveux courts et légers sont pâles, à peine dorés d’un soleil pâle. Il est assis et tient entre ses doigts serrés un brin d’herbe vert pâle ; et c’est sur ce périlleux sentier qu s’aventure la sauterelle prise au vol dans un champ voisin. Toute pâle, son corps vert se confond avec ses ailes vertes qui frémissent comme des feuilles légères. Je la vois s’avancer et je prévois la chute inévitable. Cet étroit sentier vert ne mène pas à la liberté, que je sache ! L’enfant la retiendrait. Où veut-elle donc aller ? La brise agite ses ailes minces ; elle approche si lentement qu’à vrai dire elle semble ne pas bouger. Le dernier rayon du soleil couchant m’éclaire. Je distingue un fil de soie, seul trait net de ce pâle tableau : la sauterelle agile est attachée par la patte au milieu du brin d’herbe.

Qui roule n’amasse mousse, mais glaise où collent graviers, débris, si bien agglomérés au mouvement, si bien incorporés, qu’on perd de vue la forme et le point de départ. La pelote du bousier grossit, durcit, suffit à déclencher une avalanche. Qui songe à mettre à nu son âme doit s’attendre à voir le douteux amalgame lui fondre entièrement dans la main.
Cette lame chirurgicale dont l’analyse ou la religion nous arme contre nous-même rencontrera-t-elle un noyau d’ivoire – ou seulement déchets, déchets, ramassis de déchets jusqu’au centre méconnaissable, poussière entraînée par le vent ?

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